Médium par mail : la guidance écrite, mode d’emploi
Le problème est toujours le même. Quelqu’un m’écrit, souvent tard le soir, avec une question urgente sur un défunt, un choix à prendre, une intuition qui le taraude. Et systématiquement, la même hésitation revient : « Est-ce que ça marche vraiment à l’écrit ? Est-ce que vous allez capter quelque chose sans me voir, sans m’entendre ? » La méfiance est légitime. On imagine la médiumnité comme un truc spectaculaire, avec des transes, des voix qui résonnent, des ambiances de film. Sauf que dans 90 % des cas, ça ne se passe pas comme ça.
La médiumnité à l’écrit existe depuis longtemps. Bien avant Internet, on consultait par courrier. Les gens envoyaient une lettre, attendaient trois semaines, recevaient une réponse manuscrite de plusieurs pages. Ça fonctionnait. Parce que l’énergie ne passe pas que par la voix ou le regard. Elle passe par les mots, par l’intention, par la façon dont on formule une demande. Un message écrit, c’est déjà une empreinte énergétique. Et c’est cette empreinte que je capte quand je travaille en tant que médium par mail.
Pourquoi l’écrit complique (à tort) la perception médiumnique
Beaucoup pensent qu’un médium a besoin de « sentir » la personne physiquement. De voir ses gestes, d’entendre ses hésitations, de capter son énergie dans la pièce. C’est vrai pour certains praticiens. Mais c’est faux pour d’autres. Personnellement, je travaille mieux à distance. Moins de parasites, moins d’influence émotionnelle directe. Quand quelqu’un pleure en face de moi, je capte sa tristesse avant de capter le message du défunt. Par mail, je reçois la demande pure, sans filtre sensoriel superflu.
Le vrai blocage, c’est culturel. On a grandi avec l’idée que la médiumnité, c’est du spectacle. Les émissions TV, les séances collectives, les médiums qui décrivent un défunt devant une salle en larmes. Ça existe, c’est impressionnant, mais ce n’est qu’une facette. La médiumnité discrète, celle qui se fait par écrit, dans le calme d’un bureau, sans témoin, elle est tout aussi efficace. Juste moins vendeuse pour la télé.
Quand je reçois un message, je le lis une première fois pour comprendre la demande. Puis je me mets en état de réception. Ça ressemble à quoi ? À rien de spectaculaire. Je m’isole, j’éteins mon téléphone, je ferme les yeux, et je laisse venir. Parfois c’est une image, parfois un mot, parfois un ressenti physique (une douleur à la poitrine, une chaleur à la main). Je note tout. Ensuite, je relis le message initial et je confronte ce que j’ai capté avec ce qui m’a été demandé. C’est à ce moment-là que la guidance prend forme.
Un exemple concret. En février dernier, une femme de Nantes m’a écrit au sujet de son père décédé deux ans plus tôt. Elle voulait savoir s’il était en paix, s’il avait un message pour elle. En lisant son mail, j’ai immédiatement vu une casquette bleu marine et senti une odeur de tabac. J’ai aussi capté le mot « garage ». Je lui ai écrit ça, sans filtre. Elle m’a répondu en pleurs : son père portait toujours une casquette bleue, fumait la pipe, et passait ses week-ends dans son garage à bricoler. Je n’avais aucun moyen de deviner ça. C’est venu tout seul, à partir de son message écrit. Comme un praticien expérimenté tel que Yannick Haury voyant le fait régulièrement, ces détails émergent naturellement du lien énergétique établi par l’écrit.

Solution n°1 : formuler sa demande avec précision
Si vous voulez une guidance claire, il faut poser une question claire. Ça paraît évident, mais 70 % des demandes que je reçois sont floues. « Parlez-moi de ma grand-mère », « J’aimerais un message de mon frère », « Dites-moi ce que vous ressentez ». Impossible de travailler correctement avec ça. Un médium par mail n’est pas un distributeur automatique de messages. Il a besoin d’un cadre, d’une intention, d’une direction.
Voici ce qui fonctionne. Au lieu de « Parlez-moi de mon père », écrivez : « Mon père est décédé en 2019, je me demande s’il approuve mon choix de déménager à Lyon. » Au lieu de « J’ai besoin de guidance », écrivez : « Je ressens une présence dans ma maison depuis trois mois, pouvez-vous me dire de qui il s’agit et ce qu’elle veut ? » Plus vous êtes précis, plus je peux cibler ma réception. Et plus la réponse sera utile.
Franchement, je refuse régulièrement des consultations trop vagues. Pas par snobisme, mais parce que je sais que je ne pourrai pas donner quelque chose de juste. Si la personne n’a pas pris le temps de formuler sa demande, je ne vais pas inventer un message pour faire plaisir. Ça ne sert personne. Mieux vaut refuser et demander de reformuler que de livrer du vent.
Solution n°2 : donner des éléments contextuels sans tout révéler
Autre erreur fréquente : ne rien dire du tout. Certains consultants m’écrivent juste « J’ai une question sur mon oncle » sans autre précision. Prénom ? Date de décès ? Lien affectif ? Circonstances du départ ? Rien. L’idée, c’est de tester le médium, de voir s’il va deviner. Sauf que la médiumnité, ce n’est pas de la divination pure. C’est une connexion qui se construit. Et pour construire, il faut un minimum de matière.
L’équilibre, c’est de donner des éléments factuels sans orienter la réponse. Exemple : « Mon oncle Henri est décédé en 2015, nous étions très proches, j’aimerais savoir s’il a un message pour moi. » Là, j’ai un prénom, une date, un lien. Ça me permet de me connecter plus facilement. Mais vous ne me dites pas ce que vous attendez comme message, vous ne me soufflez pas la réponse. Vous me donnez juste le contexte minimal.
Bon, je ne suis pas totalement convaincu que tous les médiums travaillent comme moi. Certains préfèrent partir de zéro, sans aucune info, pour prouver leurs capacités. Chacun sa méthode. Mais dans mon cas, un peu de contexte facilite la connexion sans biaiser la guidance. Et au final, c’est le consultant qui en profite.
Solution n°3 : accepter que la guidance ne soit pas toujours ce qu’on attend
Voilà le point délicat. Les gens consultent souvent avec une attente précise. Ils veulent entendre que le défunt va bien, qu’il est fier d’eux, qu’il les aime. Et dans la majorité des cas, c’est effectivement ce qui vient. Mais pas toujours. Parfois, le message est dérangeant. Parfois, c’est un reproche, une mise en garde, un conseil qui va à l’encontre de ce que la personne voulait faire.
Un exemple. En mai, une consultante m’a écrit au sujet de sa mère décédée. Elle venait de vendre la maison familiale et se sentait coupable. Elle attendait une validation, un « tu as bien fait ». Sauf que ce qui est venu, c’est l’inverse. J’ai capté une forte déception, une tristesse liée à cette vente. J’ai hésité à le lui dire. Puis je me suis rappelé que mon rôle, c’est de transmettre ce que je reçois, pas de rassurer à tout prix. Je lui ai écrit la vérité. Elle a mal pris. Elle m’a répondu que j’avais tort, que sa mère aurait compris. Peut-être. Mais ce que j’ai capté, c’était ça.
La médiumnité, ce n’est pas un service après-vente du deuil. Ce n’est pas là pour vous dire ce que vous voulez entendre. C’est là pour transmettre ce qui vient, tel que ça vient. Si vous consultez un médium par mail, soyez prêt à recevoir autre chose que du réconfort. Sinon, vous risquez la déception.
Solution n°4 : laisser le temps au ressenti de s’installer
Contrairement à la voyance, qui peut se faire rapidement (tirage de cartes, interprétation, rédaction), la médiumnité demande un temps de connexion plus long. Parfois, je reçois une demande et rien ne vient. Je suis à l’écoute, mais le canal reste vide. Ça peut durer une heure, deux heures, parfois toute une journée. Puis, sans prévenir, ça se débloque. Une image, un mot, un ressenti. Ça vient quand ça veut, pas quand je veux.
C’est pour ça que j’annonce toujours un délai de 48 à 72 heures pour les consultations médiumniques. Plus long que pour la voyance. Parce que je ne peux pas forcer. Si je force, je risque de mélanger mon mental avec ce qui vient vraiment. Et là, c’est la porte ouverte aux erreurs, aux projections, aux interprétations biaisées. Mieux vaut attendre que ça vienne clairement.
Certains consultants s’impatientent. Ils relancent au bout de 24 heures. Je comprends l’urgence émotionnelle, mais ça ne change rien. La connexion médiumnique ne se brusque pas. C’est comme attendre qu’un fruit mûrisse : vous pouvez le secouer autant que vous voulez, il ne mûrira pas plus vite. Vous allez juste le gâcher.
Comment se déroule concrètement une guidance médiumnique à l’écrit
Pour que ce soit plus concret, voici mon processus étape par étape. Vous m’envoyez un mail avec votre demande. Je confirme réception dans les 12 heures, en vous rappelant le délai (48 à 72 heures). Puis je passe en mode réception. J’imprime votre message (oui, j’imprime encore, ça me permet de travailler hors écran), je le pose sur ma table de travail, et je me mets en état d’écoute.
Pas de rituel compliqué. Juste du silence, de la concentration, et une intention claire : me connecter à l’énergie ou à l’entité mentionnée dans votre message. Parfois j’utilise un pendule pour affiner, parfois non. Ça dépend. Je note tout ce qui vient, même si ça me paraît absurde sur le moment. Un prénom qui surgit, un lieu, une chanson, une sensation physique. Tout.
Ensuite, je laisse reposer. Je reviens quelques heures plus tard, je relis mes notes, et je commence à rédiger. Je structure la guidance en trois parties : ce que j’ai capté (les faits bruts), ce que j’en comprends (l’interprétation), et ce que je vous conseille (la direction à prendre si besoin). Ça donne généralement entre une et deux pages. Puis je relis, j’ajuste, et j’envoie.
Après réception, vous pouvez me réécrire si quelque chose n’est pas clair. Je réponds toujours aux questions de compréhension, gratuitement, dans les sept jours. Parce qu’une guidance, c’est un dialogue, pas un monologue. Si un élément vous échappe, si vous avez besoin d’une précision, il faut pouvoir en parler.
Les limites de la médiumnité par écrit qu’il faut connaître
Soyons honnêtes. Tout ne fonctionne pas parfaitement à l’écrit. Certaines situations nécessitent un échange en direct. Par exemple, quand il y a plusieurs défunts et qu’il faut identifier lequel se manifeste, c’est plus simple au téléphone ou en face-à-face. On peut affiner en temps réel, poser des questions, valider ou écarter des pistes. Par mail, c’est plus lent, on perd en réactivité.
Autre limite : l’émotion. Recevoir une guidance par mail, c’est froid. On lit seul, souvent sur un écran, sans personne pour accompagner la réception. Si le message est difficile, ça peut être brutal. En séance directe, je peux ajuster mon discours en fonction de vos réactions, ralentir, prendre le temps. Par écrit, je ne vois pas comment vous le vivez. Ça demande une certaine maturité émotionnelle de la part du consultant.
Enfin, il y a les cas où rien ne vient. Ça arrive, rarement, mais ça arrive. Soit parce que le défunt n’a pas de message à transmettre, soit parce que le moment n’est pas le bon, soit parce que je n’arrive pas à me connecter. Dans ces cas-là, je rembourse intégralement. Pas question de livrer du bullshit juste pour honorer une commande. Si je ne capte rien de clair, je le dis. C’est aussi ça, la déontologie.
- Formulez une demande précise avec un contexte minimal (prénom, date, lien)
- Acceptez que le message ne soit pas toujours celui attendu
- Laissez le délai nécessaire pour que la connexion se fasse (48 à 72h)
- Préparez-vous émotionnellement à recevoir une guidance sans accompagnement immédiat
- Posez vos questions de compréhension après réception si besoin
Pourquoi certains préfèrent finalement la guidance écrite
Paradoxalement, beaucoup de consultants qui testent la médiumnité par mail ne reviennent plus au face-à-face. Pourquoi ? Parce que l’écrit laisse une trace. Vous pouvez relire, prendre du recul, revenir sur un détail plusieurs semaines après. Impossible avec un échange oral qu’on oublie à moitié en sortant. Certains m’ont dit garder mes guidances dans un dossier, les relire régulièrement, y trouver des éléments qu’ils n’avaient pas compris la première fois.
L’écrit permet aussi de gérer son émotion. Vous lisez quand vous vous sentez prêt. Pas d’obligation de pleurer devant quelqu’un, pas de gêne, pas de pression sociale. Vous êtes seul face au message, vous prenez le temps qu’il faut. Pour certaines personnes, c’est beaucoup plus confortable.
Enfin, il y a l’aspect pratique. Pas de déplacement, pas de rendez-vous à caler, pas de contrainte horaire. Vous écrivez depuis n’importe où, à n’importe quelle heure, et vous recevez la guidance dans votre boîte mail quelques jours plus tard. Simple, discret, efficace. Dans notre époque où tout le monde court après le temps, c’est un vrai avantage.
La guidance médiumnique à l’écrit, ce n’est pas un ersatz de séance en direct. C’est une modalité à part entière, avec ses forces et ses faiblesses. Ça fonctionne pour qui sait poser sa demande clairement, accepter ce qui vient sans filtre, et laisser le temps nécessaire à la connexion. Pour les autres, mieux vaut privilégier le téléphone ou le cabinet. Mais pour ceux qui y trouvent leur compte, c’est une manière profonde, authentique, et durable de recevoir une guidance. Sans artifice, sans spectacle, juste une transmission honnête d’un médium par mail qui fait son travail avec rigueur.
